{"id":1829,"date":"2013-12-06T18:45:00","date_gmt":"2013-12-06T18:45:00","guid":{"rendered":"http:\/\/francisdelariviere.be\/?p=1829"},"modified":"2013-12-06T19:06:35","modified_gmt":"2013-12-06T19:06:35","slug":"complement-le-linceul-de-turin-22","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/francisdelariviere.be\/?p=1829","title":{"rendered":"Compl\u00e9ment pour : &#8220;Le Linceul de Turin&#8221; (22)"},"content":{"rendered":"<p><b>Chap. 2\u00a0: Les premi\u00e8res ic\u00f4nes du Christ<\/b> (et de la Vierge Marie)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026La tradition de l\u2019Eglise affirme que la premi\u00e8re ic\u00f4ne du Christ apparut pendant Sa vie terrestre. C\u2019\u00e9tait l\u2019image qu\u2019on appelle en Occident \u00ab\u00a0la Sainte Face\u00a0\u00bb, et dans l\u2019Eglise orthodoxe \u00ab\u00a0l\u2019image non faite par la main de l\u2019homme\u00a0\u00bb <i>(acheiropoi\u00e8tos)<\/i>.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de la provenance de cette premi\u00e8re image du Christ nous est transmise par des textes du service liturgique en son honneur, le 16 ao\u00fbt. Ainsi, \u00ab\u00a0ayant repr\u00e9sent\u00e9 Ton tr\u00e8s pur visage, Tu l\u2019envoyas au fid\u00e8le Abgar qui avait d\u00e9sir\u00e9 Te voir, Toi qui, selon Ta divinit\u00e9, es invisible aux ch\u00e9rubins\u00a0\u00bb (stich\u00e8re ton 8 aux v\u00eapres)<sup>1<\/sup>. (1)\u00a0: Abgar V Oukhama, prince d\u2019Osro\u00e8ne, petit pays entre le Tigre et l\u2019Euphrate, avait pour capitale la ville d\u2019Edesse (maintenant Orfou ou Roga\u00efs). Notons en passant que la chronique de cette ville mentionne l\u2019existence d\u2019une \u00e9glise chr\u00e9tienne consid\u00e9r\u00e9e comme ancienne en l\u2019an 201 o\u00f9 elle fut d\u00e9truite par une inondation. Le royaume d\u2019Edesse fut le premier Etat du monde \u00e0 devenir un etat chr\u00e9tien (entre 170 et 214 sous le roi Abgar IX).<\/p>\n<p>Un stich\u00e8re des matines (ton 4) dit\u00a0: \u00ab\u00a0Tu envoyas des lettres trac\u00e9es de Ta main divine \u00e0 Abgar qui demandait le salut et la sant\u00e9 qui viennent de l\u2019image de Ton divin visage.\u00a0\u00bb D\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale et surtout dans les \u00e9glises d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la Sainte Face, les allusions \u00e0 l\u2019histoire d\u2019Abgar sont fr\u00e9quentes dans le service liturgique de la f\u00eate. Mais elles ne parlent que du fait lui-m\u00eame, sans entrer dans les d\u00e9tails 2. (2)\u00a0: Un r\u00e9cit plus d\u00e9taill\u00e9 nous est fourni par la M\u00e9n\u00e9e du mois d\u2019ao\u00fbt. Il se r\u00e9sume \u00e0 ceci\u00a0: le roi Abgar, l\u00e9preux, envoya aupr\u00e8s du Christ son archiviste Hannan (Ananias) avec une lettre dans laquelle il demandait au Christ de venir \u00e0 Edesse et de le gu\u00e9rir. Hannan \u00e9tait peintre et, au cas o\u00f9 le Christ refuserait de venir, Abgar lui recommanda de faire le portrait du Seigneur et de le lui apporter. Hannan trouva le Christ entour\u00e9 d\u2019une grande foule\u00a0; il monta sur une pierre d\u2019o\u00f9 il pouvait mieux Le voir. Il essaya de faire Son portrait, mais il n\u2019y parvint pas \u00ab\u00a0\u00e0 cause de la gloire indicible de Son visage qui changeait dans la gr\u00e2ce\u00a0\u00bb. Voyant qu\u2019Hannan d\u00e9sirait faire Son portrait, le Christ demanda de l\u2019eau, Se lava, essuya Son visage avec un linge et sur ce linge Ses traits rest\u00e8rent fix\u00e9s. Il remit le\u00a0 linge \u00e0 Hannan pour le porter avec une lettre \u00e0 celui qui l\u2019avait envoy\u00e9. Dans Sa lettre le Christ refusait d\u2019aller Lui-m\u00eame \u00e0 Edesse\u00a0; Il promettait \u00e0 Abgar, une fois Sa mission termin\u00e9e, de lui envoyer un de Ses disciples. Quant il eut re\u00e7u le portrait, Abgar gu\u00e9rit du plus grave de sa maladie, mais garda encore quelques atteintes au visage.Apr\u00e8s la Pentec\u00f4te, ce fut l\u2019ap\u00f4tre saint Thadd\u00e9e, un des 70, qui vint \u00e0 Edesse, acheva la gu\u00e9rison du roi et le convertit. Abgar fit enlever une idole qui se trouvait au-dessus d\u2019une des portes de la ville et y pla\u00e7a la sainte image. Mais son arri\u00e8re-petit-fils revint au paganisme et voulut la d\u00e9truire. L\u2019\u00e9v\u00eaque de la ville la fit alors murer apr\u00e8s avoir plac\u00e9 devant elle, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la niche, une lampe allum\u00e9e. Avec le temps la cachette fut oubli\u00e9e, mais elle fut red\u00e9couverte au moment o\u00f9 le roi des Perses, Chosro\u00e8s, assi\u00e9geait la ville en 544 ou 545. La lampe \u00e9tait toujours allum\u00e9e devant elle. Non seulement l\u2019image \u00e9tait intacte, mais elle s\u2019\u00e9tait imprim\u00e9e sur la face interne de la tuile qui la masquait. En souvenir de cet \u00e9v\u00e9nement nous avons maintenant deux types d\u2019ic\u00f4nes de la Sainte Face\u00a0: l\u2019une o\u00f9 le visage du Seigneur est repr\u00e9sent\u00e9 sur un linge, l\u2019autre o\u00f9 il n\u2019y a pas de linge, mais la Sainte Face telle qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait imprim\u00e9e sur la tuile (<i>Keramion<\/i>, en russe \u00ab\u00a0tchr\u00e9piy\u00e9\u00a0\u00bb). Tout ce qu\u2019on sait de cette ic\u00f4ne sur la tuile, c\u2019est qu\u2019elle se trouvait \u00e0 Hi\u00e9rapolis (Mabbough) en Syrie. L\u2019empereur Nic\u00e9phore Phocas (963-969) l\u2019aurait transport\u00e9e \u00e0 Constantinople en 965 ou 968.<\/p>\n<p>Quand aux auteurs anciens, ils ne font, jusqu\u2019au V<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, aucune allusion \u00e0 l\u2019image de la Sainte face, probablement parce qu\u2019elle \u00e9tait encore mur\u00e9e et son existence oubli\u00e9e. La mention la plus ancienne que nous poss\u00e9dions se trouve dans le document qu\u2019on appelle la Doctrine d\u2019Adda\u00ef. Adda\u00ef \u00e9tait un \u00e9v\u00eaque d\u2019Edesse (+ 541) qui, dans son ouvrage (si du moins cet ouvrage est authentique), utilise sans doute une tradition locale ou des documents que nous ne connaissons pas. Le plus ancien auteur non contest\u00e9 qui mentionne l\u2019ic\u00f4ne envoy\u00e9e \u00e0 Abgar est Evagre (VI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle)\u00a0; dans son Histoire eccl\u00e9siastique<sup>3<\/sup> (3)\u00a0: IV, 27. P.G. 86, 2745-2748.<\/p>\n<p>il l\u2019appelle le portrait, \u00ab\u00a0l\u2019ic\u00f4ne faite par Dieu\u00a0\u00bb (theoteuktos eik\u00f4n).<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019original de l\u2019ic\u00f4ne, c\u2019est-\u00e0-dire le linge m\u00eame avec le visage du Seigneur imprim\u00e9 dessus, il fut longtemps conserv\u00e9 \u00e0 Edesse comme le tr\u00e9sor le plus pr\u00e9cieux de la ville. Il \u00e9tait largement connu et v\u00e9n\u00e9r\u00e9 dans tout l\u2019Orient et, au VIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les chr\u00e9tiens c\u00e9l\u00e9braient en beaucoup d\u2019endroits sa f\u00eate \u00e0 l\u2019exemple de l\u2019Eglise d\u2019Edesse<sup>4<\/sup>. (4)\u00a0: Plus tard, \u00e0 Edesse m\u00eame, \u00e0 partir de 843, cette f\u00eate co\u00efncidait avec celle du Triomphe de l\u2019Orthodoxie.<\/p>\n<p>Au cours de la p\u00e9riode iconoclaste, caint Jean Damasc\u00e8ne mentionne l\u2019image miraculeuse et en 787 les P\u00e8res du Septi\u00e8me Concile \u0152cum\u00e9nique s\u2019y r\u00e9f\u00e9r\u00e8rent \u00e0 plusieurs reprises. L\u00e9on, lecteur de la cath\u00e9drale de Sante-Sophie \u00e0 Constantinople, qui assistait \u00e0 ce Concile, raconta qu\u2019il avait v\u00e9n\u00e9r\u00e9 la Sainte Face pendant son s\u00e9jour \u00e0 Edesse<sup>5<\/sup>. (5)\u00a0: MansiXIII, 169, 190 sq., 192. A. Grabar <i>La Sainte Face de la cath\u00e9drale de Laon<\/i>, Seminarium Kondakovianum, Prague, 1930, p. 24, en russe.<\/p>\n<p>En 944, les empereurs bzantins constantin Porphyrog\u00e9n\u00e8te et Romain I<sup>er<\/sup> achet\u00e8rent la sainte ic\u00f4ne \u00e0 Edesse. Elle fut transport\u00e9e \u00e0 Constantinople en grande pompe, plac\u00e9e dans l\u2019\u00e9glise de la Vierge du Pharos et l\u2019empereur Constantin Porphyrog\u00e9n\u00e8te la c\u00e9l\u00e9bra dans un discours comme palladium de l\u2019empire. C\u2019est probablement \u00e0 cette \u00e9poque que remonte, au moins en partie, le service\u00a0 liturgique de la f\u00eate, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e le 16 ao\u00fbt, du Transfert de la Sainte face \u00e0 Constantinople. Apr\u00e8s le sac de Constantinople par les crois\u00e9s en 1204, les traces de cette ic\u00f4ne se perdent <sup>6<\/sup>. (6)\u00a0: Nous ne parlons ici que des ic\u00f4nes qui sont actuellement f\u00eat\u00e9es liturgiquement par l\u2019Eglise. Mais les sources historiques mentionnent plusieurs ic\u00f4nes de la Sainte Face qui, aux VI<sup>e<\/sup> et VII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, jou\u00e8rent un grand r\u00f4le, surtout dans la guerre des Byzantins avres les Perses. Certaines d\u2019entre elles rempla\u00e7aient le labrarum (voir A. Grabar,<i> l\u2019Iconoclasme byzantin<\/i>, Paris, 1957, pp. 30 et ss.). Il existe aujourd\u2019hui en G\u00e9orgie une ic\u00f4ne de la Sainte Face peinte \u00e0 l\u2019encaustique qui remonte au VI<sup>e<\/sup> ou VII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (voir Amiranachvili, <i>Istoriya grouzinskogo iskousstva<\/i>, Moscou, 1950, p. 126).<\/p>\n<p>Il existe en France une ic\u00f4ne c\u00e9l\u00e8bre de la Sainte Face, conserv\u00e9e maintenant dans la sacristie de la cath\u00e9drale de Laon. D\u2019origine balkanique, peut-\u00eatre serbe, et remontnat au XII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, cette ic\u00f4ne fut envoy\u00e9e de Rome en France en 1249 par Jacobus Pantaleo Tricassinus, futur pape Urbain IV, \u00e0 sa s\u0153ur, abbesse du couvent des Cisterciennes de Monasteriolum (Montreuil-les-Dames, dioc\u00e8se de Laon)<sup>7<\/sup>. (7)\u00a0: Le XV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle vit appara\u00eetre la l\u00e9gende de sainte V\u00e9ronique repr\u00e9sent\u00e9e tenant unlinge o\u00f9 s\u2019est imprim\u00e9e la Sainte face. L\u2019histoire de sainte V\u00e9ronique a plusieurs versions\u00a0; la plus connue est celle qui est g\u00e9n\u00e9ralement repr\u00e9sent\u00e9e dans le chemin de croix invent\u00e9 par les Franciscains (IV<sup>e<\/sup> station)\u00a0: lorsqu\u2019on menait le Christ au Golgotha, une femme nomm\u00e9e V\u00e9ronique essuya Sa sueur avec un linge sur lequel Son visage resta imprim\u00e9. (Voir \u00e0 ce sujet l\u2019article de Paul Perdrizet dans <i>Seminarium Kondakovianum<\/i>, t. V, Prague, 1932, pp. 1-15).<\/p>\n<p>La f\u00eate de la Sainte face est nomm\u00e9e, dans le service liturgique, \u00ab\u00a0Le transfert d\u2019Edesse \u00e0 la Ville de Constantin de l\u2019image non faite par la main de l\u2019homme de Notre-Seigneur J\u00e9sus-Christ, image qu\u2019on appelle le saint linge\u00a0\u00bb. Toutefois, la liturgie de ce jour est loin de se limiter \u00e0 la simple comm\u00e9moration du transfert de l\u2019image d\u2019un endroit \u00e0 un autre. L\u2019essentiel de ce service est le fondement dogmatique de l\u2019image et sa destination.<\/p>\n<p>Le sens de l\u2019expression \u00ab\u00a0image non faite par la main de l\u2019homme\u00a0\u00bb appara\u00eet \u00e0 la lumi\u00e8re de Marc 14, 58\u00a0: cette image, c\u2019est avant tout le Verbe incarn\u00e9 Lui-m\u00eame qui Se fait voir dans \u00ab\u00a0le temple de Son corps\u00a0\u00bb (Jn 2, 21). A partir de ce moment la loi de Mo\u00efse interdisant les images (Ex 30, 4) perd son sens, et les ic\u00f4nes du Christ deviennent autant de t\u00e9moignages irr\u00e9futables de l\u2019incarnation de dieu <sup>8<\/sup>. (8)\u00a0: Voir V. Lossky, \u00ab\u00a0Der Heiland Acheiripoietos\u00a0\u00bb, dans L. Ouspensky-V. Lossky, <i>Der Sinn der Ikonen<\/i>, Bern und Olten, 1952, p\u00a0. 69.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas d\u2019une image cr\u00e9\u00e9e suivant une conception humaine\u00a0; elle repr\u00e9sente le visage authentique du Fils de Dieu devenu Homme, et provient, suivant la Tradition de l\u2019Eglise, d\u2019un contact imm\u00e9diat avec\u00a0 Son Visage. C\u2019est cette premi\u00e8re image de Dieu devenu Homme que l\u2019Eglise v\u00e9n\u00e8re le jour de la Sainte Face.<\/p>\n<p>Nous avons vu que les stich\u00e8res cit\u00e9s plus haut, ainsi que d\u2019autres textes liturgiques, soulignent la provenance historique de l\u2019image. C\u2019est qu\u2019il est essentiel qu\u2019il ne s\u2019agisse pas d\u2019un \u00ab\u00a0Christ universel\u00a0\u00bb, d\u2019une personnification, ni d\u2019un christ abstrait symbolisant quelque id\u00e9e sublime. Il s\u2019agit, en effet, essentiellement d\u2019un Personnage historique qui v\u00e9cut \u00e0 un endroit d\u00e9termin\u00e9, \u00e0 une \u00e9poque pr\u00e9cise. \u00ab\u00a0R\u00e9tablissant dans sa dignit\u00e9 premi\u00e8re l\u2019image d\u2019Adam d\u00e9chue, entendons-nous dans un stich\u00e8re de la f\u00eate (2<sup>e<\/sup> stich\u00e8re, ton 1, petites v\u00eapres), le Sauveur indescriptible dans son essence v\u00e9cut sur la terre avec les hommes, visible et saisissable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais ce qui a une importance particuli\u00e8re pour notre \u00e9tude, ce sont les lectures scripturaires de la liturgie. L\u2019ensemble de ces lectures r\u00e9v\u00e8le le sens de l\u2019\u00e9v\u00e9nement que l\u2019on c\u00e9l\u00e8bre\u00a0; d\u00e9gageant d\u2019abord ses pr\u00e9figurations bibliques, elles exaltent son accomplissement dans le Nouveau Testament et soulignent sa port\u00e9e eschatologique. Or le choix de ces textes r\u00e9v\u00e8le ce que nous savons d\u00e9j\u00e0 par les \u0153uvres de saint Jean Damasc\u00e8ne, c\u2019est-\u00e0-dire la fa\u00e7on dont l\u2019Eglise comprend l\u2019interdiction de l\u2019ancien testament, le sens de cette interdiction et son but, ainsi que le sens et le but de l\u2019image n\u00e9o-testamentaire.<\/p>\n<p>Nous trouvons d\u2019abord les trois par\u00e9mies des v\u00eapres\u00a0: deux sont tir\u00e9es du deut\u00e9ronome (premi\u00e8re\u00a0: chap. IV, vv. 6-7 et 9-15\u00a0; deuxi\u00e8me\u00a0: chap V, vv. 1-7\u00a0; 9-10\u00a0; 23-26\u00a0; 28\u00a0; chap. VI, vv. 1-5\u00a0; 13 et 18) et la derni\u00e8re du III<sup>e<\/sup> Livre des Rois (dans la Bible h\u00e9ra\u00efque c\u2019est le I<sup>er<\/sup> Livre des Rois), chap. VIII, vv. 22-23 et 27-30 <sup>9<\/sup>. (9)\u00a0: Nous prenons ces lectures directement dans la Bible et non dans la M\u00e9n\u00e9e o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 abr\u00e9g\u00e9es et o\u00f9 certains passages importants pour le sens de l\u2019image ont \u00e9t\u00e9 omis.<\/p>\n<p>Les deux premi\u00e8res par\u00e9mies parlent de la r\u00e9v\u00e9lation sur le Mont Horeb de la loi au peuple d\u2019Isra\u00ebl, juste avant l\u2019entr\u00e9e du peuple \u00e9lu dans la Terre Promise. Le sens de ces par\u00e9mies se r\u00e9sume par le fait que, pour entrer dans cette Terre Promise et pour la poss\u00e9der, il est indispensable d\u2019observer la loi r\u00e9v\u00e9l\u00e9e et d\u2019adorer le seul vrai Dieu, d\u2019une adoration sans compromis, sans partage, sans aucune possibilit\u00e9 de m\u00e9lange avec le culte d\u2019autres \u00ab\u00a0dieux\u00a0\u00bb. Il est rappel\u00e9 en m\u00eame temps qu\u2019il est impossible de repr\u00e9senter Dieu quidemeure invisible\u00a0: \u00ab\u00a0Vous avez entendu la voix de Ses paroles, mais vous n\u2019avez pas vu d\u2019image, seulement la voix\u00a0\u00bb et\u00a0: \u00ab\u00a0Veillez bien sur vos \u00e2mes, car vous n\u2019avez vu aucune ressemblance\u00a0\u00bb, etc. Autrement dit, la loi dans son ensemble et l\u2019interdiction, en particulier, d\u2019adorer d\u2019autres \u00ab\u00a0dieux\u00a0\u00bb et celle de l\u2019image sont une condition indispensable pour la r\u00e9alisation de la promesse divine faite au peuple \u00e9lu de son entr\u00e9e dans la terre Promise. Or, la Terre Promise est aussi une pr\u00e9figuration\u00a0: elle est une image de l\u2019Eglise, du Royaume de Dieu.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me par\u00e9mie est, elle aussi, une pr\u00e9figuration de la r\u00e9v\u00e9lation n\u00e9otestamentaire\u00a0: C\u2019est la pri\u00e8re de Salomon \u00e0 la cons\u00e9cration du Temple construit par lui\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu habiterait-Il parmi les hommes sur la terre\u00a0? dit Salomon, alors que le ciel et les cieux des cieux ne Te contiennent pas, combien moins ce Temple que j\u2019ai cr\u00e9\u00e9 en ton Nom\u2026\u00a0\u00bb Il s\u2019agit ici de la venue future de Dieu sur la terre, de sa participation au courant de l\u2019histoire humaine dans le temps, de la pr\u00e9sence dans un Temple terrestre, construit par l\u2019homme, de Celui auquel \u00ab\u00a0le ciel du ciel ne suffit pas\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La signification de ces par\u00e9mies est pr\u00e9cis\u00e9e par l\u2019Ep\u00eetre lue pendant la liturgie. C\u2019est l\u2019Ep\u00eetre de saint Paul aux Colossiens, chap. I, vv. 12-18\u00a0: \u00ab\u00a0Rendez gr\u00e2ces au P\u00e8re qui vous a rendus capables d\u2019avoir part \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage des saints dans la lumi\u00e8re, qui nous a d\u00e9livr\u00e9s de la puissance des t\u00e9n\u00e8bres et nous a transport\u00e9s dans le Royaume du Fils de Son amour, en qui nous avons la r\u00e9demption, la r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s. Il est l\u2019image du dieu invisible, le premier-n\u00e9 de toute la cr\u00e9ation\u00a0\u00bb, etc. Ce texte, nous le voyons, r\u00e9v\u00e8le l\u2019accomplissement de la proph\u00e9tie\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019h\u00e9ritage des saints\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0Royaume du Fils de son amour\u00a0\u00bb, c\u2019est l\u2019Eglise, dont l\u2019antique Terre Promise \u00e9tait l\u2019image. Ainsi tout le d\u00e9veloppement de l\u2019ancien Testment qui d\u00e9fendait la puret\u00e9 du peuple \u00e9lu, toute l\u2019histoire sacr\u00e9e d\u2019Isra\u00ebl apparaissent comme un processus providentiel et messianique, comme une pr\u00e9paration de l\u2019apparition sur la terre du Corps du Christ, l\u2019Eglise n\u00e9otestamentaire. Et dans ce processus pr\u00e9paratoire, l\u2019interdiction de l\u2019image m\u00e8ne \u00e0 l\u2019apparition de Celui qui avait \u00e9t\u00e9 invisible, \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019image du dieu invisible\u00a0\u00bb r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par le Dieu-Homme, J\u00e9sus-christ. Dans la liturgie de la f\u00eate nous entendons\u00a0: \u00ab\u00a0Mo\u00efse Jadis, l\u2019ayant demand\u00e9, put contempler la gloire divine obscur\u00e9ment, par derri\u00e8re\u00a0; mais le nouvel Isra\u00ebl \u00e0 pr\u00e9sent Te voit clairement face \u00e0 face\u00a0\u00bb (2<sup>e<\/sup> tropaire de la 4<sup>e<\/sup> ode du canon).<\/p>\n<p>Examinons enfin l\u2019\u00e9vangile lu le jouor de la sainte Face, le m\u00eame aux matines et \u00e0 la Liturgie. C\u2019est celui de Luc, chap. IX, vv. 51-56 et chap. X, vv. 22-24\u00a0: \u00ab\u00a0Lorsque le temps o\u00f9 Il devait \u00eatre enlev\u00e9 du monde approcha, J\u00e9sus prit la r\u00e9solution de se rendre \u00e0 J\u00e9rusalem. Il envoya devant Lui des messagers qui se mirent en route et entr\u00e8rent dans un bourg des Samaritains, pour Lui pr\u00e9parer un logement. Mais on ne Le re\u00e7ut pas parce qu\u2019Il se dirigeait vers J\u00e9rusalem. Les disciples Jacques et Jean, voyant rla, dirent\u00a0: \u00ab\u00a0Seigneur, veux-Tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume, ainsi que le fit Elie\u00a0?\u00a0\u00bb, J\u00e9sus se tourna vers eux et les r\u00e9primanda, disant\u00a0: \u00ab\u00a0 Vous ne savez pas de quel esprit vous \u00eates. Car le Fils de l\u2019home est venu non pour perdre les \u00e2mes des homes, mais pour les sauver\u00a0\u00bb. Et ils all\u00e8rent dans un autre bourg. Et le Christ se tournant vers ses disciples, dit\u00a0: \u00ab\u00a0Toutes choses M\u2019ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es par Mon P\u00e8re et personne ne conna\u00eet le fils, si ce n\u2019est le P\u00e8re, ni le P\u00e8re, si ce n\u2019est le Fils et celui \u00e0 qui le fils veut le r\u00e9v\u00e9ler\u00a0\u00bb. Et se tournant vers les disciples, Il leur dit en particulier\u00a0: \u00ab\u00a0 Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez\u00a0! Car Je vous dis que beaucoup de proph\u00e8tes et de rois ont d\u00e9sir\u00e9 voir ce que vous voyez, et ne l\u2019ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l\u2019ont pas entendu\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Comme nous le voyons, en ce qui concerne l\u2019image, le sens de l\u2019Ep\u00eetre et de l\u2019Evangile, d\u2019une part, et celui des deux premi\u00e8res par\u00e9mies, d\u2019autre part, est oppos\u00e9. Autrefois c\u2019\u00e9tait\u00a0: \u00ab\u00a0Vous n\u2019avez pas vu l\u2019image de Dieu\u00a0\u00bb\u00a0; \u00e0 pr\u00e9sent\u00a0: \u00ab\u00a0Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire qui voient \u00ab\u00a0l\u2019image du dieu invisible\u00a0\u00bb, le Christ. C\u2019est pourquoi les derni\u00e8res paroles de ce texte \u00e9vang\u00e9lique sont adress\u00e9es aux seuls Ap\u00f4tres. En effet, non seulement les disciples, mais tous ceux qui l\u2019entouraient voyaient l\u2019homme J\u00e9sus. Mais seuls les Ap\u00f4tres, dans ce Fils de l\u2019homme, sous cette \u00ab\u00a0forme d\u2019esclave\u00a0\u00bb, voyaient le Fils de Dieu, \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9clat de la gloire du P\u00e8re\u00a0\u00bb. Saint Jean Damasc\u00e8ne, nous l\u2019avons vu, comprend ces derni\u00e8res paroles de l\u2019Evangile comme l\u2019abolition de l\u2019interdiction biblique, abolition dont l\u2019aspect visible pour nous est l\u2019image du Christ que nous f\u00eatons. \u00ab\u00a0Jadis Tu as \u00e9t\u00e9 vu par les hommes, et maintenant Tu apparais dans Ton image non faite par la main humaine\u00a0\u00bb (2<sup>e<\/sup> tropaire de la 1<sup>re<\/sup> ode du Canon).<\/p>\n<p>Le premier passage de l\u2019\u00e9vngile (Lc 9, 55-56) souligne ce qui distingue les ap\u00f4tres du monde, c\u2019est-\u00e0-dire ce qui <i>distingue l\u2019Eglise du monde<\/i>\u00a0: l\u2019esprit et les m\u00e9thodes qui lui sont propres et qui ne sont pas ceux du monde. (Rappelons que c\u2019est cette diff\u00e9rence qui d\u00e9termine les moyens d\u2019action de l\u2019eglise, en particulier son art). Si les par\u00e9mies montrent le but de l\u2019interdiction de l\u2019image, l\u2019Evangile par contre r\u00e9v\u00e8le la destination de l\u2019image. Notons aussi que cette diff\u00e9rence qu\u2019il y a entre l\u2019esprit et les m\u00e9thodes des Ap\u00f4tres et du monde est d\u00e9montr\u00e9e par le Christ juste avant son entr\u00e9e \u00e0 J\u00e9rusalem. Commen\u00e7ant par les par\u00e9mies et \u00e0 travers les lectures n\u00e9otestamentaires, nous voyons comme une croissance de la r\u00e9v\u00e9lation\u00a0: l\u2019Ancien Testament est une pr\u00e9paration du Nouveau Testament, la Terre Promise o\u00f9 va l\u2019antique Isra\u00ebl est une image de l\u2019Eglise n\u00e9otestamentaire. Le Nouveau Testament est la r\u00e9alisation de ces pr\u00e9figurations pr\u00e9paratoires. Mais le Nouveau Testament n\u2019est pas le but final\u00a0: il n\u2019est que l\u2019\u00e9tape suivante sur le chemein vers le royaume de Dieu. Or, dans l\u2019Ancien Testament la confession du vrai Dieu et l\u2019absence de Son image \u00e9taient une des conditions essentielles pour que le peuple puisse entrer dans la terre Promise et la poss\u00e9der. Dans le Nouveau Testament, \u00e0 son tour, la confession du Christ et de son image, la profession de notre foi par cette image, jouent un r\u00f4le analogue\u00a0: c\u2019est aussi une condition essentielle pour entrer dans l\u2019eglise et, par l\u2019eglise, dansd le royaume de Dieu, dans cette J\u00e9rusalem c\u00e9leste o\u00f9 l\u2019eglise nous m\u00e8ne. C\u2019est pourquoi ce passage de l\u2019evangile est lu pr\u00e9cis\u00e9ment le jour o\u00f9 l\u2019eglise c\u00e9l\u00e8bre l\u2019ic\u00f4ne de la Sainte Face. C\u2019est le Christ Lui-m\u00eame qui m\u00e8ne Ses Ap\u00f4tres \u00e0 J\u00e9rusalem. Quant \u00e0 nous, c\u2019est Son image qui nous m\u00e8ne dans la J\u00e9rusalem c\u00e9leste. Voici ce que nous entendons \u00e0 ce sujet dans la liturgie de la f\u00eate\u00a0: \u00ab\u00a0Nous Te c\u00e9l\u00e9brons, toi qui aimes les hommes, en regardant l\u2019image de ton aspect corporel\u00a0; par elle accorde \u00e0 Tes serviteurs, \u00f4 Sauveur, d\u2019entrer sans obstacles dan sl\u2019Eden\u00a0\u00bb (stich\u00e8re ton 6).<\/p>\n<p>Ainsi, par le choix de ces lectures, l\u2019Eglise d\u00e9ploie devant nous un immense tableau\u00a0: elle nous montre le lent et p\u00e9nible cheminement du monde d\u00e9chu vers la r\u00e9demption promise.<\/p>\n<p>Ainsi l\u2019Eglise affirme l\u2019existence d\u2019images authentiques du Christ\u00a0; ces images ont exist\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but. Nous en avons d\u2019ailleurs aussi un t\u00e9moignage historique. Ce t\u00e9moignage est d\u2019autant plus pr\u00e9cieux qu\u2019il provient du seul auteur antique qui soit indiscutablement iconoclaste\u00a0: l\u2019historien de l\u2019Eglise, Eus\u00e8be, \u00e9v\u00eaque de C\u00e9sar\u00e9e. Il affirme non seulement l\u2019existence d\u2019images chr\u00e9tiennes\u00a0: \u00ab\u00a0Il pense m\u00eame qu\u2019\u00e0 son \u00e9poque il existe encore de vrais portraits du christ et des Ap\u00f4ttres, il dit les avoir vus lui-m\u00eame <sup>10<\/sup>\u00a0\u00bb. (10)\u00a0: Ch. Von Sch\u00f6nborn, <i>L\u2019ic\u00f4ne du christ. Fondements th\u00e9ologiques<\/i>, Fribourg, 1976, p. 75.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En effet, apr\u00e8s une description de la fameuse statue \u00e9lev\u00e9e par l\u2019h\u00e9moro\u00efsse dont nous connaissons l\u2019histoire par l\u2019\u00e9vangile (Mt 9, 20-23\u00a0; Mc 5, 25-34\u00a0; Lc 8, 43-48), Eus\u00e8be continue\u00a0: \u00ab\u00a0On disait que cette statue reproduisait les traits de J\u00e9sus\u00a0; elle a subsist\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 nous, de sorte que nous l\u2019avons vue nous-m\u00eames lorsque nous sommes all\u00e9s dans cette ville. Il n\u2019y a rien d\u2019\u00e9tonnant \u00e0 ce que des pa\u00efens d\u2019autrefois qui avaient re\u00e7u des bienfaits de la part de notre Sauveur aient fait cela, alors que <i>nous avons vu<\/i> (observ\u00e9 \u2013 <i>histor\u00e8samen) des images des Ap\u00f4tres Pierre et Paul et du Christ Lui-m\u00eame<\/i> qui ont \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9es par le moyen des couleurs dans des tableaux\u00a0: c\u2019\u00e9tait naturel, car les anciens avaient coutume de les honorer de cette mani\u00e8re sans arri\u00e8re-pens\u00e9e comme des sauveurs, selon l\u2019usage pa\u00efen qui existait chez eux<sup>11<\/sup>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Eus\u00e8be, r\u00e9p\u00e9tons-le, ne peut gu\u00e8re \u00eatre suspect d\u2019exag\u00e9ration, car le courant th\u00e9ologique auquel il appartenait \u00e9tait loin d\u2019approuver les faits qu\u2019il relate ici\u00a0\u00bb\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>In <i>\u00ab\u00a0La th\u00e9ologie de l\u2019ic\u00f4ne\u00a0\u00bb,<\/i> L\u00e9onide Ouspensky, Editions du CERF, Patrimoines orthodoxie, Paris, 2007, pp. 25-35.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chap. 2\u00a0: Les premi\u00e8res ic\u00f4nes du Christ (et de la Vierge Marie) &nbsp; \u00ab\u00a0\u2026La tradition de l\u2019Eglise affirme que la premi\u00e8re ic\u00f4ne du Christ apparut pendant Sa vie terrestre. C\u2019\u00e9tait l\u2019image qu\u2019on appelle en Occident \u00ab\u00a0la Sainte Face\u00a0\u00bb, et dans l\u2019Eglise orthodoxe \u00ab\u00a0l\u2019image non faite par la main de l\u2019homme\u00a0\u00bb (acheiropoi\u00e8tos). 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