Archive November 2013

Yvo voit … (20)

Posted by on Nov 28, 2013 in Yves de Lessines | Leave a comment

Quatrain :  6:55

 

Au chalme Duc en arrachant l’esponce, (1)

Voile Arabesque voir, subit descouverte: (2)

Tripolis, Chio, et ceux de Trapesonce, (3)

Duc prins, Marnegro et la cité deserte. (4)

 

Une « signature » d’Yvo ?

« Voile arabesque voir, subit descouverte : »

Ivo voit, Ivo le Mystique voit le Voile…

Et puis, « subit descouverte : »

Qu’est-ce à dire ?

Nous pouvons conjecturer…

Voici ce que dit Henri Corbin à propos du « Voile » :

« … Mais Rûzbehan ne nous laisse pas ignorer que le triomphe de l’épreuve du VOILE ne doit pas être pris comme une sécurité définitive ; la condition de l’Essence divine (d’Yvin) est de rester à jamais inaccessible, c’est-à-dire de n’être jamais accessible que dans les théophanies aux divers plans de l’être et des êtres qui en sont les yeux. (pour les yeux, voir supra ; notez que voir, concerne les yeux, n’est-ce pas ?) Il y a un Voile dont doit triompher l’Ange, un Voile pour chaque grade de la hiérarchie mystique, pour chaque degré des spirituels, pour chaque étape sur la Voie. L’analyse de Rûzbehân montre ici la même pénétration. En bref, le Voile c’est, dans chaque cas, détourner le regard de ce que montre la théophanie, pour prêter attention isolément à celui à qui elle se montre, aux conditions vécues par lui, céder à la tentation de s’arrêter dans une quiétude dont l’effet serait l’inverse de celui auquel tend l’impératif : « O âme pacifiée, retourne à ton Seigneur » (Abû Yazîd Bastâmî le dit : la saveur de l’amour, la pureté de la dévotion, les charismes eux-mêmes peuvent être un Voile). C’est l’opacité d’un être qui s’arrête à son non-être, au non-être de ses prétentions et de ses ignorances ; le monde perd sa transparence, se pose comme un Autre en face de Dieu, un Autre que Dieu même ne peut regarder. L’insistance de Rûsbehân est saisissante. Ce monde sans transparence, Dieu ne l’a jamais regardé, depuis sa création, puisqu’Il ne peut regarder que ses propres yeux qui Le regardent. Comment dès lors verrait-il ce monde, puisque ce monde est sans yeux et ne Le voit pas ? Mais il n’est pas de rang spirituel qui soit exempt de l’épreuve du Voile ; chaque prophète s’y est heurté, l’a endurée et l’a surmontée à sa manière. Et chaque Voile, chaque épreuve, est en fonction de chaque station ou Demeure spirituelle. Ce qui pour le plus avancé est un voile, peut être pour le débutant (morîd) par exemple, le point extrême de l’avance qui lui est possible… (pp. 38-39) »

 

« Voile arabesque voir, subit descouverte : »

« … A chaque effort prétendant à la saisie de la transcendance, le mystique est ainsi renvoyé au symbole, à la théophanie, à l’amphibolie du Voile que la transconscience, la « conscience secrète » (sirr), amènera à la transparence d’un miroir. p. 59 …)

« … Alors, il n’y a plus de conflit entre l’unique et le multiple ; il y a le multiple de l’Unique, mais ce multiple est chaque fois toujours Un (50), c’est l’unité de l’Un, ou plutôt c’est le mystère de l’unus-ambo, deux en un seul, étant vrai de dire de l’Un et de l’autre qu’il est le Regardant  et le Regardé. Nul obstacle, dès lors, à certaines scènes extatiques, franchement scandaleuses pour tout conformisme exotérique…. p. 63)

« En Islam iranien » Aspects spirituels et philosophiques tome III Les fidèles d’amour, Shî’isme et soufisme, par Henri Corbin, nrf éditions Gallimard, Paris, 1972.

 

Unus–ambo : un-les deux, (voir quatrain avec ambassadeur ou celui qui relie les deux pays ??? …)

Pour IVO, « Voile arabesque » n’est-ce pas : voir chez les (mystiques) arabes la notion de Voile ???

La question est posée…

UNUS-AMBO : un-les deux … Un cheval-deux cavaliers ?

Mais aussi l’écriture en Miroir puisque cité ci-dessus et rapellé ci-dessous :

« à l’amphibolie du Voile que la transconscience, la « concience secrète » (sirr), amènera à la transparence d’un miroir. p. 59 …) »?

Ainsi :

En quatrain C.I.2. (4) :

« Le divin près s’assied » devient :

« Le divin près s’assied près d’Ivain des Prays… » Ce qui veut dire que Dieu et Yvain ne font qu’un ; Yvain est l’œil de Dieu à ce moment ; l’ami et l’aimé en « Unus-Ambo » et l’œil devient ce qu’il regarde ; donc est déifié…

« Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu… »

Et puis l’illumination ???

Puisque :

« Voile Arabesque voir, subit descouverte: » (2)

Le voile et puis, la découverte subite…

Le Satori, l’illumination, la Lumière de Gloire, le Xvarnah, …

 

Souvenons-nous également de Marguerite Porète et de son « Mirouer des simples âmes anéanties et qui seulement demourent en vouloir et desir d’amour».

Etc…

 

« Au chalme Duc en arrachant l’esponce, (1)

Voile Arabesque voir, subit descouverte: (2)

Tripolis, Chio, et ceux de Trapesonce, (3)

Duc prins, Marnegro et la cité deserte. » (4)

 

Mais puisque nous sommes dans ce quatrain, cherchons :

ARABESQUE :

“Le dessin arabesque est le plus spiritualiste   des dessins.”
Charles   Baudelaire

Terme qui n’est donc pas mal choisi pour tout ce qui est dit précédemment…

Voile Arabesque voir, subit descouverte: (2)

 

 

« L’existence de ce terme occidental évoquant d’une manière imprécise le monde arabe relève de l’orientalisme. Le mot englobe donc des désignations variées.

                       

 

Demi-coupole tapissée d’arabesques végétales (IXe siècle) dans la Grande Mosquée de Kairouan.

 

 

Cette représentation figurée d’une cigogne en style calligraphique peut correspondre à l’acception du terme « arabesque ». Ismâ’îl Züdhü, Monde ottoman, 1604-1605[1]?, Istanbul, musée de Topkapı.

La calligraphie peut également donner lieu à figuration, de deux manières. Les calligraphies animées sont des écritures dont les extrémités des hampes se terminent par des dragons, des serpents, des têtes animales ou des personnages ; elles apparaissent sur un groupe d’une douzaine de métaux incrustés des XIIe-XIIIe siècles[2] » (source wikipedia)

 

CHALME :     ? (pas trouvé)

ESPONCE :   ? (pas trouvé)

« Au chalme Duc en arrachant l’esponce, (1)

Au chalme Duc en art hachant l’S, ponce !

 

TRIPOLIS :

Tripoli (grec : Τρίπολη, Tripoli ou Τρίπολις, Tripolis), anciennement Tripolitsa, Tripolitza, Tripolizza ou Tropolitza (grec : Τριπολιτσά) est le chef-lieu du district régional d’Arcadie dans le centre de la péninsule du Péloponnèse, au pied du mont Apano-Khrépa (massif du Ménale), au milieu d’une plaine fertile.

De nos jours, Tripoli est la capitale de la périphérie (région administrative) du Péloponnèse, ainsi que le siège de la récente Université du Péloponnèse

 

CHIO :

Chios ou Chio (cette deuxième forme, d’origine italienne, se prononce [ʃo], en grec ancien : Χίος / Khíos, en grec moderne : Χίος / Chíos, n. fém.) île et municipalité grecque de la mer Égée, proche de la Turquie dont elle est séparée par un détroit de 8 kilomètres seulement.

Avec l’île de Psara, elle forme le district régional de Chios, dont la capitale, également appelée Chios ou Chora (la ville), compte 23 779 habitants (2001).

Sa superficie est de 842,28 km2.

Les principaux revenus de l’île sont tirés du tourisme, surtout culturel : elle compte de nombreux vestiges grecs comme le temple d’Apollon à Phana, ainsi que des monuments byzantins, comme le monastère de Néa Moni. Le Sud produit également du mastic, tiré de la résine du lentisque.

Deux lieux grecs … ?

 

« Au chalme Duc en arrachant l’esponce, (1)

Voile Arabesque voir, subit descouverte: (2)

Tripolis, Chio, et ceux de Trapesonce, (3)

Duc prins, Marnegro et la cité deserte. (4) »

 

TRAPESONCE :

http://books.google.fr/books?id=-KuaBigIYSEC&pg=PT60&dq=trapesonce&hl=fr&sa=X&ei=DYCXUviDK6O90QXJ5IG4Bg&ved=0CDQQ6AEwAA#v=onepage&q=trapesonce&f=false

 

Empire de Trapesonce

Sarracenie Aquilonaire… ou Satracenie ???

Voir quatrain « aquilonaire »…

 

http://books.google.fr/books?id=hyUl5RbJf3kC&pg=PA747&dq=Empire+de+Trapesonce&hl=fr&sa=X&ei=_4WXUsGmNaeH0AX8-oGQCQ&ved=0CEEQ6AEwAQ#v=onepage&q=Empire%20de%20Trapesonce&f=false

« Annales de l’église catholique mariées avec l’histoire de  France  divisées en 16 siècles » …

intéressant ; parle de divers passages et lieux des centuries…

à lire …

 

(à suivre)…

 

 

 

l”ATTENDU” (1) Filiation Hermès, Zarathoustra, Idrîs, Henoch, Jésus… (19)

Sohrawardî et les Platoniciens de Perse – H. Corbin – Islam  iranien II p. 23-25

Filiation Hermès, Zarathoustra, Idrîs, Henoch, Jésus…

« … Qui Sohrawardî se représentait-il au juste en parlant des Ishrâqîyûn, les philosophes ou théosophes « orientaux » ? Certes, on ne peut répondre de façon satisfaisante à cette question que par l’œuvre même de celui-ci, prise dans son ensemble, telle que s’en dégage son concept mystique de l’ »Orient ». Mais il y a lieu de se demander tout d’abord si cette dénomination était inconnue avant lui. Or, elle ne l’était tout à fait, nous en relevons des traces. On en trouve une indication, brève et étrange, dans un contexte qui permet d’expliquer la dévotion avec laquelle Sohrawardî associe les noms d’Hermès et de Zarathoustra/Zoroastre. Il y a une longue tradition hermétiste en Islam ; c’est aussi dans la ligne de cette tradition que s’inscrit le projet sohrawardien de « ressusciter » la sagesse des anciens Perses. D’autre part, on trouve la trace de philosophes « orientaux » chez son illustre prédécesseur Avicenne, et Sohrawardî a lui-même donné à ce sujet des explications qu’il importe d’avoir présentes à l’esprit, car l’on comprend alors l’ascendance spirituelle qu’il se donne à lui-même, et partant à ces Ishrâqîyûn, tels que seront nommés après lui les disciples du shaykh al-Ishrâq.

Un célèbre polygraphe, lui-même plus ou moins hermétiste (ob. 291/903), donne au cours d’une dissertation dont le propos est de décrire les classes des prêtres égyptiens la précision suivante : « La troisième classe de ces prêtres était appelée Ishrâqîyûn, ou les enfants de la sœur d’Hermès, celui qui est connu en grec sous le nom d’Hermès Trimégiste. Leurs paraboles et allégories sont parvenues jusqu’à nous 23. »

(23) : (Cf. Ibn Wahshîya, Ancient alphabet and hieroglyphic charachters, éd. V. Hammer, London 1806, p. 100 du texte arabe. Nous ne discernons pas encore les sources de l’information donnée par Ibn Wahshîya sur les Ishrâqîyûn comme étant « une catégorie de prêtres égyptiens ». Cependant notre collègue, le professeur Toufic Fahd, nous a fait amicalement sur ce point une suggestion précieuse, en nous signalant, à propos du K. romûz al-aqlâm, attribué à Ibn Wahshîya, une émigration de prêtres égyptiens vers le Yémen, laquelle pourrait se révéler grosse de conséquences jusqu’ici insoupçonnées. Aussi bien faudra-t-il réviser bien des jugements émis jusqu’ici sur l’œuvre d’Ibn Wahshîa. …)

Or précisément, cette ascendance hermétiste Sohrawardî la revendique pour lui-même, à plusieurs reprises. Hermès est regardé par lui non seulement comme l’ancêtre de toute sagesse, mais comme le héros archétype de l’extase mystique (infra chap.VI). De son côté, la tradition hermétiste islamique identifie Hermès avec Idrîs, et celui-ci avec le prophète Hénoch 24.

(24) : (Cf. « Abbâs Qommi, Safînat Bihâr al-anwâr,I, p. 444 ; Op. metaph. I, p. 300, lignes 12 ss.)

D’autre part, nous trouvons une information non moins significative dans le commentaire composé par ‘Abdorrazzâq Kâshânî (ob. Circa 730/1330) sur un célèbre manuel de théosophie mystique, les Fosûsv al-Hikam (« Les Chatons des sagesses des prophètes ») de Mohyiddîn Ibn ‘Arabî, ouvrage où chaque prophète est médité non pas comme s’insérant chronologiquement dans une période historique, mais comme typifiant un degré dans la hiérarchie de l’être et de la sagesse. Le commentateur précise que Seth, le fils d’Adam, est le prophète et l’initiateur des Ishrâqîyûn 25.

(25) : (Cf. ‘Abdorrazzâq Kâshânî, commentaire sur les Fosûs al-Hikam, chap. II, éd. Du Caire, pp. 43-44.)

Or chez ces derniers, et traditionnellement, Seth est identifié avec Agathodaimôn, et chez Sohrawardî le nom d’Agathodaimôn est cité le plus souvent en compagnie de celui d’Hermès. Indication d’autant plus intéressante que certains des anciens gnostiques, ceux qui furent dénommés Séthiens en raison de leur culte pour Seth, voyaient en Christ une épiphanie de Seth, tandis que d’autre part Seth était assimilé avec Zoroastre, lequel s’identifiait lui-même, dans une prophétie célèbre, avec le Sauveur à venir (« Moi c’est lui, et lui c’est moi »), le Saoshyant issu de sa race et futur rénovateur du monde 26.

(26) : (Cf. W. Bousset, art. Gnostiker in Realenc. Pauly-Wissowa,§ 6 ; Bidez et Cumont, les Mages hellénisés, II, p. 128. Sur le personnage gnostique de Seth, cf. encore Die Apokalypse des Adams, in A. Böhlig und Pahor Labîb, Koptisch-gnostiche Apokalypsen aus Codex V von Nag Hammadî, Halle-Wittenberg 1963, pp. 86 ss.)

Toutes ces indications sont chargées de sens pour une phénoménologie religieuse s’attachant à découvrir les intentions qui font « se montrer » ainsi à la conscience l’ensemble de ces figures et établissent entre elles ces connexions … »

In « En Islam iranien » Aspects spirituels et philosophiques II – Sohrawardî et les Platoniciens de Perse, Henri Corbin, nrf éd. Gallimard, 1971, pp 23-25.