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L'”ATTENDU” (2) et l’INDE (21)

Posted by on Dec 1, 2013 in Uncategorized, Yves de Lessines | Leave a comment

Centurie II
2:45
Trop le ciel pleure l’Androgin procrée, (1)
Pres du ciel sang humain respandu, (2)
Par mort trop tard grand peuple recrée, (3)
Tard & tost vient le secours attendu. (4)

 

Centurie IV

4:1

Cela du reste de sang non espandu, (1)

Venise quiert secours estre donné. (2)

Apres avoir bien loing temps attendu, (3)

Cité livree au premier cornet sonné. (4)

 

Centurie V

5:96

Sur le milieu du grand monde la rose, (1)

Pour nouveaux faicts sang public espandu: (2)

A dire vray on aura bouche close, (3)

Lors au besoing viendra tard l’attendu. (4)

 

Centurie VII

7:30

Le sac s’approche, feu, grand sang espandu (1)

Po, grand fleuves aux bouviers l’entreprinse, (2)

De Gennes, Nice apres long attendu, (3)

Foussan, Turin, a Sauillon la prinse. (4)

 

Centurie X

10:75

Tant attendu ne reviendra jamais (1)

Dedans l’Europe en Asie apparoistra (2)

Un de la ligue yslu du grand Hermes, (3)

Et sur tous Roys des orientz croistra. (4)

 

Voici les cinq quatrains contenant l’ATTENDU.

Les quatre premiers « attendu » sont en fin de ligne, le cinquième « attendu » est en pleine ligne…

Voyons avec quoi rime l’ »attendu »…

En 2.45, avec « respandu »,

En 4.1, avec « espandu »,

En 5.96, avec « espandu »,

En 7.30, avec « espandu ».

 

Donc, quatre fois « espandu » ; pourquoi pas étendu, entendu, fendu, rendu, compte-rendu, descendu, etc. ?

Eh bien, parce qu’Yvo semble avoir besoin du SANG qui revient quatre fois  dans ces quatre quatrains…

 

En 2.45, avec « Pres du ciel sang humain respandu, », (2)

En 4.1, avec   « Cela du reste de sang non espandu, », (1)

En 5.96, avec « Pour nouveaux faicts sang public espandu: », (2)

En 7.30, avec « Le sac s’approche, feu, grand sang espandu ». (1)

 

Quatre sang = quatre cents = quatre sans, …

Sang qui semble être mis en diagonale… (en bande de gueule héraldique) (pres du ciel = d’azur )?

Sang qui semble nécessaire à l’Attendu ?

Quel sang ?

Près du ciel sang humain respandu ? L’humanité du Christ sur la croix, près du ciel, respandu, pendu à la croix, du reste …

Sang humain, sang public, grand sang…

 

Bon…

Oublions ce sang et serrons « de près » une éventuelle signature de « des Prays »…  ( en gras)
2:45
Trop le ciel pleure l’Androgin procrée, (1)
Pres du ciel sang humain respandu, (2)
Par mort trop tard grand peuple recrée, (3)
Tard & tost vient le secours attendu. (4)

 

Iven(t) des Près vient…

4:1

Cela du reste de sang non espandu, (1)

Venise quiert secours estre donné. (2)

Apres avoir bien loing temps attendu, (3)

Cité livree au premier cornet sonné. (4)

 

Veni (se) = Iven ; q (uie) rt = ive; pres = des Prays ; avoir = ivo ; loing = près ; loing = (l) iuo (g) ; pre (mier)

 

5:96

Sur le milieu du grand monde la rose, (1)

Pour nouveaux faicts sang public espandu: (2)

A dire vray on aura bouche close, (3)

Lors au besoing viendra tard l’attendu. (4)

 

vray on = yuo ; besoing = iuo ; viendra = iven

 

7:30

Le sac s’approche, feu, grand sang espandu (1)

Po, grand fleuves aux bouviers l’entreprinse, (2)

De Gennes, Nice apres long attendu, (3)

Foussan, Turin, a Sauillon la prinse. (4)

 

Approche = des Prays ; bouviers = ive ; apres = des Prays ;

Foussan, Turin = san turi = centurie

 

10:75

Tant attendu ne reviendra jamais (1)

Dedans l’Europe en Asie apparoistra (2)

Un de la ligue yslu du grand Hermes, (3)

Et sur tous Roys des orientz croistra. (4)

 

Reviendra = iven ; ligue yslu  = yue ; orientz = iue…

 

Mais prenons ce dernier quatrain qui « Tant attend »…

Tant – a – ttend   =    cavalier – cheval – cavalier

 

Dedans l’Europe en Asie apparoistra (2)

Un de la ligue yslu du grand Hermes, (3)

Et sur tous Roys des orientz croistra. (4)

 

Un de la ligue issu du grand Hermes apparoistra dedans l’Europe en Asie et croistra sur tous roys des orientz …

« Roistra » =  rime riche … de rois … et des Ors de l’Orient…

 

L’ORIENT : C’est le PÔLE MYSTIQUE…

Les ROIS d’EUROPE et d’ASIE …

 

Un de la ligue yslu du grand Hermes, (3)

La crypte de Saint Hermes à Renaix, bien sûr…

Mais…

Ici, vient s’inclure mon fichier :

Filiation Hermès, Zarathoustra, Idrîs, Henoch, Jésus…

 

Sohrawardî et les Platoniciens de Perse – H. Corbin – Islam  iranien- tome II, p. 23-25

 

Filiation Adam, Seth, Hermès, Zarathoustra, Idrîs, Henoch, Jésus…

 

« … Qui Sohrawardî se représentait-il au juste en parlant des Ishrâqîyûn, les philosophes ou théosophes « orientaux » ? Certes, on ne peut répondre de façon satisfaisante à cette question que par l’œuvre même de celui-ci, prise dans son ensemble, telle que s’en dégage son concept mystique de l’ « Orient ». Mais il y a lieu de se demander tout d’abord si cette dénomination était inconnue avant lui. Or, elle ne l’était tout à fait, nous en relevons des traces. On en trouve une indication, brève et étrange, dans un contexte qui permet d’expliquer la dévotion avec laquelle Sohrawardî associe les noms d’Hermès et de Zarathoustra/Zoroastre. Il y a une longue tradition hermétiste en Islam ; c’est aussi dans la ligne de cette tradition que s’inscrit le projet sohrawardien de « ressusciter » la sagesse des anciens Perses. D’autre part, on trouve la trace de philosophes « orientaux » chez son illustre prédécesseur Avicenne, et Sohrawardî a lui-même donné à ce sujet des explications qu’il importe d’avoir présentes à l’esprit, car l’on comprend alors l’ascendance spirituelle qu’il se donne à lui-même, et partant à ces Ishrâqîyûn, tels que seront nommés après lui les disciples du shaykh al-Ishrâq.

Un célèbre polygraphe, lui-même plus ou moins hermétiste (ob. 291/903), donne au cours d’une dissertation dont le propos est de décrire les classes des prêtres égyptiens la précision suivante : « La troisième classe de ces prêtres était appelée Ishrâqîyûn, ou les enfants de la sœur d’Hermès, celui qui est connu en grec sous le nom d’Hermès Trimégiste. Leurs paraboles et allégories sont parvenues jusqu’à nous 23. »

(23) : (Cf. Ibn Wahshîya, Ancient alphabet and hieroglyphic charachters, éd. V. Hammer, London 1806, p. 100 du texte arabe. Nous ne discernons pas encore les sources de l’information donnée par Ibn Wahshîya sur les Ishrâqîyûn comme étant « une catégorie de prêtres égyptiens ». Cependant notre collègue, le professeur Toufic Fahd, nous a fait amicalement sur ce point une suggestion précieuse, en nous signalant, à propos du K. romûz al-aqlâm, attribué à Ibn Wahshîya, une émigration de prêtres égyptiens vers le Yémen, laquelle pourrait se révéler grosse de conséquences jusqu’ici insoupçonnées. Aussi bien faudra-t-il réviser bien des jugements émis jusqu’ici sur l’œuvre d’Ibn Wahshîa. …)

Or précisément, cette ascendance hermétiste Sohrawardî la revendique pour lui-même, à plusieurs reprises. Hermès est regardé par lui non seulement comme l’ancêtre de toute sagesse, mais comme le héros archétype de l’extase mystique (infra chap.VI). De son côté, la tradition hermétiste islamique identifie Hermès avec Idrîs, et celui-ci avec le prophète Hénoch 24.

(24) : (Cf. « Abbâs Qommi, Safînat Bihâr al-anwâr,I, p. 444 ; Op. metaph. I, p. 300, lignes 12 ss.)

D’autre part, nous trouvons une information non moins significative dans le commentaire composé par ‘Abdorrazzâq Kâshânî (ob. Circa 730/1330) sur un célèbre manuel de théosophie mystique, les Fosûsv al-Hikam (« Les Chatons des sagesses des prophètes ») de Mohyiddîn Ibn ‘Arabî, ouvrage où chaque prophète est médité non pas comme s’insérant chronologiquement dans une période historique, mais comme typifiant un degré dans la hiérarchie de l’être et de la sagesse. Le commentateur précise que Seth, le fils d’Adam, est le prophète et l’initiateur des Ishrâqîyûn 25.

(25) : (Cf. ‘Abdorrazzâq Kâshânî, commentaire sur les Fosûs al-Hikam, chap. II, éd. Du Caire, pp. 43-44.)

Or chez ces derniers, et traditionnellement, Seth est identifié avec Agathodaimôn, et chez Sohrawardî le nom d’Agathodaimôn est cité le plus souvent en compagnie de celui d’Hermès. Indication d’autant plus intéressante que certains des anciens gnostiques, ceux qui furent dénommés Séthiens en raison de leur culte pour Seth, voyaient en Christ une épiphanie de Seth, tandis que d’autre part Seth était assimilé avec Zoroastre, lequel s’identifiait lui-même, dans une prophétie célèbre, avec le Sauveur à venir (« Moi c’est lui, et lui c’est moi »), le Saoshyant issu de sa race et futur rénovateur du monde 26.

(26) : (Cf. W. Bousset, art. Gnostiker in Realenc. Pauly-Wissowa,§ 6 ; Bidez et Cumont, les Mages hellénisés, II, p. 128. Sur le personnage gnostique de Seth, cf. encore Die Apokalypse des Adams, in A. Böhlig und Pahor Labîb, Koptisch-gnostiche Apokalypsen aus Codex V von Nag Hammadî, Halle-Wittenberg 1963, pp. 86 ss.)

Toutes ces indications sont chargées de sens pour une phénoménologie religieuse s’attachant à découvrir les intentions qui font « se montrer » ainsi à la conscience l’ensemble de ces figures et établissent entre elles ces connexions … »

In « En Islam iranien » Aspects spirituels et philosophiques II – Sohrawardî et les Platoniciens de Perse, Henri Corbin, nrf éd. Gallimard, 1971, pp 23-25.

 

Et le SAOSHYANT c’est l’ATTENDU … soit Le CHRIST dont nous ATTENDONS la PAROUSIE, la seconde venue…

 

Un de la ligue yslu du grand Hermes, (3)

 

 

10:75

Tant attendu ne reviendra jamais (1)

Dedans l’Europe en Asie apparoistra (2)

Un de la ligue yslu du grand Hermes, (3)

Et sur tous Roys des orientz croistra. (4)

 

Effectivement, il ne reviendra jamais dedans l’Europe ou en Asie EXOTERIQUE, mais dans l’espace ESOTERIQUE du Monde imaginal que décrit Henri Corbin…

 

Cette problématique universelle est connue déjà du temps d’Yvo de Lessinis…

 

Voyons la suite avec d’autres extraits du « monument » écrit par Henri Corbin…

 

Un de la ligue yslu du grand Hermes, (3)

Ou

Un de la ligne issue du grand Hermes…

Hermes le Mégiste et même Trismégiste… (Trois fois grand)…

Un de la LIGNEE issue du grand Hermes…

 

Faisons un autre détour par cet extrait de H. Corbin, toujours, qui nous ramènera à l’ « Attendu » en fin de parcours…

 

Le voici :

 

« … Désormais la lignée des gardiens du Graal est « occultée » à ce monde, et avec elle toute la chevalerie des Templiers du Graal (de même qu’avec le Douzième Imâm la lignée imâmique, qui est la lignée ésotérique de la prophétie, est entrée dans l’occultation… … Parsifal meurt , lui aussi, à Sarras et il est dit que les corps de Galaad et de Parsifal sont ensevelis dans les « spiritualités » de Sarras… (d’où vient Sarrazin – notons que SARRAS = SAR(miroir)RAS, parenthèse personnelle…)

 

… Le cycle du Graal connaît plusieurs manières de dire ce retour. (vers l’Orient Mystique).  Dans les compositions postérieures à celles de Wolfram, l’ « Orient » s’appelle INDE (ça ne vous dit rien ? les Cambiéristes ?…), mais ce qu’en réalité veut dire le mot «  Inde », un vieux texte d’Abdias déjà nous l’apprend : « Les historiographes disent qu’il y a trois contrées qui portent le nom d’Inde : la première est l’Inde qui touche à l’Ethiopie ;la deuxième est celle qui est auprès des Mèdes ; la troisième, celle qui est aux confins du monde 295 ». (295 : Abdias, Histoire apostolique, VIII, 125, cit. in N. et M. Thierry, Nouvelles églises rupestres de Cappadoce, Paris 1963, p. 129, n. 48.)

Avec la troisième, nous nous retrouvons « au sommet de la montagne de Qâf ». Deux textes appartenant au cycle germanique du Graal nous apportent leur témoignage.

D’une part (vers 1300), l’histoire de Lohengrin, le « chevalier au cygne » (signe ???), fils de Parsifal, accomplit une sorte de révolution par rapport au cycle arthurien. Au lieu de faire retraite au-delà des mers en la mystérieuse île d’Avalon, confié aux soins de la Virgo Regia, le roi Arthur à la tête de toute sa chevalerie rapporte le Graal dans l’Inde ; lui et ses chevaliers en restent désormais les gardiens invisibles dans une contrée lointaine et inconnue de l’ « Orient » 296. (296 : Cf. A. E. Waite, The Hidden Church of the Holy Graal, pp. 416-417). D’autre part, le « Titurel », œuvre d’Albrecht von Scharfenberg (qui écrivait vers 1270), achève ce qui n’était pas dit dans le « Parzifal » de Wolfram, lequel clôturait sur l’intronisation de Parsifal comme roi du Graal, tandis que son frère Feirefis, devenu apte par le baptême à « voir » le « Vaissel » sacré, épouse Repanse-de-Joie, la reine du Graal, sœur d’Amfortas, et repart avec elle pour son lointain royaume ; là ils auront comme fils le “Prêtre-Jean”, figure célèbre et mystérieuse sur qui tant d’opinions diverses furent émises 297. (297 : Cf. Jean Doresse, l’Empire du Prêtre-Jean, Paris 1957, vol. II, pp. 215)  Le « Titurel » a d’autres événements à dire. Là, les Templiers du Graal discernant les calamités dont la menace s’accumule à l’extérieur du Temple, prennent la décision du « retour » ; ce retour va conduire à l’occultation du Graal (le motif de cette décision fait penser à celle des dignitaires ismaéliens, décidant la « rentrée dans l’ésotérisme » qui est à l’origine de notre présent cycle d’occultation) 298. (298 / CF. notre livre « Trilogie ismaélienne », index s.v. Dawr al-satr. On sait aussi qu’une tradition fait état du départ des Rose-Croix quittant l’Europe, au XVIIe siècle, pour retourner en Asie.)

Alors Parsifal, accompagné de toute la chevalerie du Graal, emporte le Graal et les saints Trésors dans l’ « Inde », où il se propose de rejoindre son frère Feirefis.

Ici le Prêtre-Jean est représenté comme le souverain autonome d’un merveilleux royaume, près de qui sont toutes les richesses matérielles et spirituelles, y compris les Sept Dons et les Douze Fruits de l’Esprit divin de Sagesse. Parsifal, stimulé par son frère Feirefis, voudrait lui confier le Saint Graal. Voici qu’au contraire c’est le Prêtre-Jean qui offre sa couronne et son royaume à celui qui vient à lui comme gardien du Graal. Finalement, la décision viendra du Graal lui-même : Parsifal reste le roi du Graal ; il devient l’héritier du Prêtre-Jean et « prend son nom ». Que d’autre part, dans le « Lancelot » hollandais 299, (299 : Cf., A. E. Waite, op. cit. pp. 419-420.)   ce soit le Prêtre-Jean qui apparaisse comme le « fils de Parsifal », il n’y a là ni impossibilité ni contradiction sur le plan mystique de la généalogie spirituelle (dès que Parsifal « prend le nom » du Prêtre-Jean, ce Prêtre-Jean qu’il devient lui-même est alors simultanément l’héritier de Parsifal, le fils de son âme, comme Joséphé est pour Joseph d’Arimathie le fils de son âme).

La retraite du Prêtre-Jean est bâtie dans l’invisible, là où les versions diverses de l’événement sont à coordonner selon des normes tout autres que celles que l’on appliquerait aux « commentaires » de César. C’est le même événement essentiel qui est dit. A Sarras, après la mort d’extase de Galaad, une main céleste fait rentrer le Graal dans l’invisible. Ici, c’est Parsifal qui reconduit le Graal « dans l’Inde », c’est-à-dire « aux confins du monde », à l’orient-origine qui ne figure pas sur nos cartes géographiques.

Le personnage de Parsifal et celui du Prêtre-Jean interfèrent, comme si Parsifal-Prêtre-Jean était désormais le « pôle » de tous les « Johannites », de ceux qui croient en l’Eglise du Graal invisible. Or, dans ce johannisme vibre la foi dans le Paraclet, – ce Paraclet que certains de nos théosophes shî’ites identifient, nous l’avons vu, avec le Douzième Imâm, l’Imâm présentement caché. » ( autrement dit l’ATTENDU… )

 

In « En Islam iranien » Aspects spirituels et philosophiques, tome II, Sohrawardî et les Platoniciens de Perse, chap. « La Lumière de Gloire et le saint Graal », H. Corbin, pp. 184-186, nrf, Editions Gallimard, 1971.

 

5.96

Sur le milieu du grand monde la rose, (1)

A dire vray on aura bouche close, (3)

 

Vous avez dit « pôle mystique » ? (1)

Vous avez dit « ésotérique » ? (3)

 

(à suivre…)